J’ai cette douleur en moi, ce gêne continue qui m’empêche d’avoir les idées clairs, d’avoir l’esprit tranquille. Je ne comprends pas pourquoi je suis comme ça, pourquoi je pense comme ça, mais surtout pourquoi j’agis comme ça. Je n’ai jamais compris pourquoi tout était capable de me mettre mal à l’aise, ni même cette étrange sensibilité dont je suis affligé depuis plus de dix, quinze ans maintenant. Tout m’émeut, tout me fait souffrir. Surtout l’amour, car il me frustre.

Que ce soit avec ma future-femme, ou mon meilleur ami, ou encore ma sœur, j’ai cette douleur lorsque je ne peux les guider, les suivre, les protéger. Tout simplement, les laisser vivre. Je ne comprends pas pourquoi j’ai ce besoin étrange de toujours vouloir tout commander, de vouloir faire au mieux pour qu’ils aient une vie meilleure. Au final, je m’oublie. Je m’oublie, et j’en souffre. Ça me frustre. Mais je ne peux m’empêcher d’agir ainsi. C’est comme ça. J’ai beau tout essayé, cela rend la situation pire que tout, et au final, je ne désire plus que d’une chose, c’est de trancher tout lien, et de partir loin….

Très loin.

Mourir ? Non, je suis trop lâche. Et puis… Ce n’est pas la solution. 

Fuir ? Et risquer de tout perdre si, finalement, à bout de chemins, je renonce à cette idée ? 

En parler ? Peut-être… Cela m’apaise, même si une fois seul, tout me revient, et là, c’est l’enfer dans ma tête.

Et puis, j’ai ce besoin de toujours vouloir faire souffrir mon entourage lorsque je souffre. Je ne comprends pas pourquoi j’ai cette envie de partager ma souffrance, ma peine, ma douleur… Mais pire… Je ne comprends pas pourquoi cela me fait du bien. Est-ce grave ? Ma conscience me le dit, en tout cas. Mais mon cœur s’en porte mieux.

La jalousie, la possessivité, l’envie de toujours faire plaisir, ce besoin que de surprotéger les gens que j’aime… Cela me bouffe, comme un linge envahi de mites. Petit à petit, tout doucement, ce feu qui brûle en moi, qui me tord les boyaux, me consume. 

Je pleure. Je pleure, et ça va mieux. Je parle, je rigole, je chante, je blague, puis je suis seul, et le noir obscurcit mon ciel pourtant si clair quand ils sont là.

J’en ai marre de souffrir.